Vers une rénovation des routes et des ponts en France

Quel est l’état du domaine public routier en France ? C’est la question que s’est posée entre autre une mission d’information dirigée par plusieurs sénateurs français, ainsi qu’une société dont l’innovation est le cœur de métier. Décryptage.

Des routes « 5ème génération » en cours de test à Egletons

Après avoir déposé sa DICT obligatoire et entamé de grands travaux, la société Spie Batignolles Malet a pu mettre en place et présenter le 20 juin 2019 une route nouvelle génération à Egletons dite de « 5ème génération », sur un tronçon de 300 kilomètres.

Afin de réfléchir à de nouveaux enrobés plus respectueux de la planète et de ses habitants (un diagnostic d’amiante dans les enrobés est toujours fortement recommandé aux ouvriers des TP avant la mise en œuvre des travaux), la société Spie Batignolles Malet analyse la grave émulsion et l’Agreco, un béton bitumineux à l’émulsion (BBE). Ces enrobés sont couplés avec l’éclairage Lumiroute, qui grâce à des boitiers placés sous les éclairages publics, n’active ces derniers que lorsqu’un automobiliste est détecté sur les voies.

Depuis plus de deux ans, le groupe Egis teste d’ailleurs à Londres l’utilisation de l’intelligence artificielle. Le but ? A l’aide d’une caméra embarquée sur des camions par exemple, il est possible d’ausculter la chaussée et d’identifier ses dégradations. Les images enregistrées sont en effet transmises à un serveur où elles sont ensuite analysées à l’aide d’une IA. Testé avec succès outre-manche, le projet pourrait bientôt arriver dans l’Hexagone, notamment sur l’A63 ou l’A28, gérées par la société Vaisala.

L’état inquiétant des ponts en France

Dans son rapport du jeudi 27 juin 2018, la mission d’information sur les points en France dresse un constat inquiétant, allant même jusqu’à en appeler à un Plan Marshall d’ici 2030.

Mis en lumière notamment par le terrible accident du viaduc autoroutier de Gênes en Italie le 14 août 2018, l’état des ponts dans l’Hexagone a fait l’objet d’une mission d’information. Selon cette dernière, 7% des ponts de l’Etat sont des ouvrages problématiques ainsi que 8,5% des ponts gérés par les départements et « probablement 18 à 20% » des ponts gérés par les communes et les intercommunalités.

En cause selon cette mission d’information, le vieillissement de ces ouvrages d’après-guerre couplé à un sous-investissement chronique dans l’entretien du patrimoine. Afin de corriger le tir, les sénateurs en charge de ce projet demandent de doubler le montant des moyens consacrés par l’Etat à l’entretien des ouvrages d’art, soit 120M d’euros contre 45M actuellement. Ils demandent également la création d’un fond de 1,3Md d’euros sur 10 ans pour aider les collectivités locales en manque de moyens.

Qu’il s’agisse des routes ou des ponts, nul doute que les ouvriers des TP en France auront du pain sur la planche pendant encore de nombreuses années.